ALLERGIE en POLYNESIE
prévention de l'asthme, rhinite, allergies alimentaires, professionelles...

Qui sommes nous ?
Les 21 et 22 novembre 2007 se sont tenus les journées allergologiques organisées par l’Association d’Immuno-Allergologie du Pacifique Sud pour la première fois à TAHITI. L’AIAPS avait choisi comme thème principal de ces journées de Formation Médicale continue, les allergies alimentaires et l’asthme du nourrisson et invité le Dr Fabienne RANCE, pneumo-pédiatre allergologue qui dirige la consultation allergologique du service de pneumo-allergologie de l’Hôpital pour Enfants de Toulouse du CHU de TOULOUSE, éminente spécialiste des allergies alimentaires de l’enfant,
Le taux de visites fut excellent, puisque 67 participants pour 115 fréquentations sont venus assister aux diverses conférences.
Si le
nombre de médecins généralistes (MG) est naturellement le plus nombreux, les Médecins de Santé publique et les Pédiatres ont été particulièrement
présents.
PRESENTATION DE LA SOIREE DU
MERCREDI 21 NOVEMBRE 2007
en partenariat avec l’association Asthme et Bronches
Le Dr Sylvie DELAUNAY, allergologue de Nouméa, présidente de l’AIAPS, souhaita la bienvenue au
Dr Fabienne Rancé et à tous les participants, en rappelant l’historique de l’association, et ses objectifs.
ASTHME DU NOURRISSON
L’asthme du nourrisson est encore sous-diagnostiqué et sous traité.
Dans le Pacifique Sud et plus particulièrement en Polynésie Française, où l’asthme et l’atopie ont une prévalence forte, il était utile de rappeler le contexte environnemental et de faire le
point sur la prise en charge de l’asthme du petit enfant selon les données récentes.
De la réticence souvent observée à parler clairement d’« asthme » chez un bébé siffleur, de la difficulté pour les parents d’accepter l’idée d’une maladie chronique qui fait toujours peur, de la méconnaissance de l’intérêt du bilan allergologique chez le tout petit, jusqu’à la crainte perceptible de la corticothérapie « inhalée » au long court, tout concoure à ce que l’asthme du nourrisson soit sous-évalué.
Les études récentes sont en faveur de l’existence d’un remodelage bronchique très précoce, dans les premières années de vie, et chez certains enfants. Nous devons donc être plus vigilants encore dans cette tranche d’âge.
ASTHME DU NOURRISSON : les différents animateurs et
thèmes abordés – extraits des exposés -
Epidémiologie de l’asthme en Polynésie Française :
Le Dr Philippe Rougier, médecin généraliste, membre du réseau Polynésien des Maladies respiratoires, nous gratifia de son expérience née de sa participation à l’étude ISAAC (International Study of Asthma and Allergie in Childhood) en Polynésie Française aux côtés du Dr PARAT, chef du Centre d’Asthmologie du Centre Hospitalier Territorial de Papeete, en nous exposant les caractéristiques épidémiologiques de l’asthme en Polynésie Française.
L’étude ISAAC en Polynésie Française a très bien mis en lumière la forte prévalence de l’asthme. Les chiffres sont en augmentation constante depuis 20 ans.
L’étude du Dr PARAT sur la sensibilisation cutanée allergénique des asthmatiques et des adolescents a démontré la forte prévalence du caractère atopique chez les adolescents et
la prédominance de la sensibilisation aux acariens, en particulier à blomia tropicalis et à la blatte américaine.
128 asthmatiques âgés de 5 à 53 ans ont été évalués par tests cutanés aux pneumallergènes et 603 adolescents de 13-14 ans aux pneumallergènes et trophallergènes.
Prise en charge de la crise d’asthme du nourrisson :
Le Dr Tony TEKUATAOA , urgentiste, membre du réseau Polynésien des Maladies Respiratoires, nous
rappela dans un bref exposé, la prise en charge de l’asthme aigu de l’enfant. L'asthme de l'enfant est une des premières causes de consultation aux urgences pédiatriques, représentant 5-6 %, pouvant atteindre plus de 20 % de celles-ci dans les périodes virales.
L’étude de l’évolution des hospitalisations en France pour l’asthme montre que si le nombre d’hospitalisation pour asthme a diminué de 1998 à 2002, le taux d’hospitalisation pour insuffisance respiratoire aigue liée à l’asthme chez le nourrisson et le jeune enfant a considérablement augmenté depuis 2000.
• Les critères de gravité comprennent la diminution du murmure vésiculaire, les troubles de l'élocution, la mise en jeu des muscles respiratoires et la baisse de la SpO2 ou du DEP (> 6 ans).
• Les scores sont
utiles pour affiner le diagnostic et prévoir la réponse au traitement.
• Ils le sont moins
pour la prédiction d'admission, de la durée d'hospitalisation et des rechutes.
•Une crise
inhabituelle ou qui se prolonge nécessite un avis médical.
•Une réponse
insuffisante au traitement nécessite une évaluation à l'hôpital.
•Une non-réponse ou
une crise grave nécessitent une hospitalisation, en tenant compte des antécédents et du terrain.
Prise en charge de l'asthme du nourrison
Le Dr Georges SEBATIGITA, allergologue de Papeete, développa les points importants de la prise en charge de l’asthme du
nourrisson, de l’importance de considérer les différents phénotypes de l’asthme, de l’intérêt du bilan allergologique, jusqu’à la problématique du traitement chez cette tranche d’âge.
Il s’agit d’un problème de santé publique. Le nombre d’hospitalisation chez les moins de 2 ans, reste le plus élevé par rapport aux tranches d’âge.
La problématique des bébés siffleurs peut se résumer à ces quelques questions :
• Est-ce de l’asthme ?
• Quel est leur
devenir?
•Quels sont les
facteurs impliqués ?
•Problèmes
thérapeutiques : Qui traiter ? Quand ? Comment ?
Est-ce de l’asthme ?
Les pneumo-pédiatres ont abandonné le terme très utilisé de « bronchite asthmatiforme » depuis la fin des années 80, car il est source de bien de confusion, tant chez le personnel soignant que chez les malades et leur entourage. Les carnets de santé voient pourtant encore souvent fleurir ces mots…
En 2007, il faut toujours retenir la définition de Tabachnik et Levison (1981) pour qui, l’asthme du nourrisson se définie ainsi : « Tout nourrisson ayant eu, au moins, 3 épisodes de dyspnée sifflante avant l’âge de 2 ans »
Quel est leur devenir?
Le devenir clinique et fonctionnel respiratoire à moyen terme des nourrissons asthmatiques reste encore mal connu. Il est important de connaître les facteurs de risque de persistance d’asthme.
L’étude des cohortes (Tucson, Wight, Necker etc…) nous apprend à connaitre les facteurs de risques.
La grande majorité des nourrissons asthmatiques gardent des symptômes de sifflement entre cinq et neuf ans. Le profil fonctionnel respiratoire acquis au cours de l'évolution précoce de l'asthme
du nourrisson reste stable après cinq ans, suggérant des phénomènes précoces de remaniements des voies aériennes.
Les facteurs impliqués – les facteurs déclenchants
• Facteurs
génétiques
• Allergie et
exposition allergénique
• Polluants
. Facteur nutritionnel précoce
• Infections
• Facteurs
déclenchants
La prise en charge thérapeutique
Les objectifs
•Eviter les symptômes
: la prévention des facteurs de risque : Virus - Atopie
• Traiter les
symptômes : traitements médicamenteux
• Préserver les
fonctions respiratoires : éviter le remodelage bronchique
PRESENTATION DE LA JOURNEE DU JEUDI 22 NOVEMBRE 2007
LES ALLERGIES ALIMENTAIRES
La journée de jeudi a été riche d’enseignement, avec les brillants exposés du Dr Fabienne Rancé, nourrissant les débats animés avec les participants.
Entre les deux séances, un reportage a été diffusé au journal télévisé de RFO dans lequel Le Dr Georges SEBATIGITA mettait en place avec l’équipe éducative d’une école maternelle, un Plan d’Accueil Individualisé, pour un enfant allergique à la cacahuète.
Le Dr Rancé, répondant au journaliste mettait en avant l’importance et la nécessité des enquêtes allergologiques dans le cadre des allergies alimentaires, en raison de leur diversité, de la variabilité chez un même enfant, imposant un suivi spécialisé, et insistait sur la mise en place des PAI, pour la sécurité et le bien-être de l’enfant allergique ».
DIVERSIFICATION ALIMENTAIRE du nourrisson.
Une étude récente a comparé la prévalence de l’allergie à l’arachide dans les populations du Royaume-Uni et d’Israël.
La Grande Bretagne, a depuis plusieurs années, fait campagne de prévention contre les allergies à l’arachide en préconisant l’éviction complète chez le petit enfant. A contrario, la consommation d’arachide en Israël est précoce et habituelle.
Les résultats de l’étude démontre qu’après la politique d’éviction de l’arachide, la prévalence de l’allergie à cet aliment a littéralement « explosé » en grande Bretagne, alors qu’elle reste faible et stable en Israël. Ceci nous interpelle sur la diversification tardive préconisé ces dernières années.
Que retenir?
Une introduction précoce peut protéger contre l’allergie en induisant une tolérance, mais à 4 ou 6 mois ?
Diversification normale (sauf si allergie prouvée)
Hydrolysats extensifs, partiels ou préparations pour nourrissons? (attendre preuves)
>>>>> Etudes supplémentaires indispensables
LES MEMBRES DU BUREAU DE L’AIAPS
Dr B. Mellin – Dr G. Sebatigita –
Dr S. Delaunay – Dr A. Dotte
L’ANIMATEUR PRINCIPAL DES SEANCES
Dr F. Rancé